3 décembre 2010

Conseil municipal du 3 décembre : l'ordre du jour



2010, une année riche en évènements !

Tribune libre de décembre, par Monique Amghar

Le premier trimestre de l’an 2010, a été marqué par plusieurs fermetures et autres délocalisations d’usine. Par le biais de la presse, les Douaisiens apprenaient une augmentation des impôts locaux, étalée sur trois ans. Pour faire passer la douloureuse, notre maire rappelle à chacun que depuis 25 ans aucune augmentation n’est intervenue et que, comparé à d’autres villes de même importance, notre impôt est dans une assiette relativement basse ! Ouf, nous voilà rassurés.

La crise, car crise il y a, n’en déplaise à ceux qui nous gouvernent, aggrave chaque jour un peu plus la qualité de vie des foyers douaisiens. À cela, faut-il ajouter, divers augmentations tels que EDF, Mutuelles, et autres nouvelles taxes sur les box et autres Internets.

Le dernier trimestre de l’année verra des milliers de gens dans les rues pour manifester contre la réforme des retraites, bien vite rejoints par les lycéens. Mais ne faut-il pas y voir là la manifestation d’un ras-le-bol général d’une population qui n’en peut plus d’être pressée de toutes parts ?

Les fêtes de fin d’année approchent. Aussi accordons-nous une trêve. Et entourés de nos proches, amis, reprenons des forces afin d’affronter l’an 2011 qui espérons le, se montrera sous de meilleurs auspices.

17 novembre 2010

Enfin une commission jeunesse !

1570 jeunes Douaisiens ont entre 18 et 25 ans. À notre demande, la majorité a enfin créé, au printemps dernier, une commission jeunesse.

Quels moyens pour les jeunes ? La commission les inventorie, consulte les différents acteurs. Seule l'opposition a pour l'instant commencé d'en rendre compte, dans sa lettre de mai.

Force de propositions, créons avec eux un guide de la jeunesse comme il y eut naguère un guide de Douai. Promouvons-le par une campagne de communication offensive et mettons-le à disposition des jeunes dans les établissements scolaires et universitaires, les associations sportives et culturelles.

Créons des espaces d'expression et de convivialité pour encourager les talents de notre jeunesse. Exploitons les espaces disponibles à cette fin. Le Barlet, par exemple ?

Et, surtout, encourageons le développement et l'amplification d'initiatives comme le festival de rock.

Nous, on aime ça : entendre « Douai bouge! Les jeunes sont dans la rue ! ».

La commission aura-t-elle les moyens de ses ambitions ? Quelles propositions en sortiront ? Elles seront présentées prochainement en Conseil municipal. Souhaitons qu'elles soient à la hauteur des attentes.

Annick Louvion, conseillère municipale socialiste

Quelle place pour les musiques actuelles ?

Quel contraste. J'étais samedi à la seconde soirée du MAD Festival, à la résidence Descartes de l'Ecole des Mines. Une petite salle, peu de communication, un projet porté à bout de bras par deux associations, avec peu de subventions.

Autre ambiance, hier soir, à l'auditorium Henri Dutilleux, pour la seconde soirée sur le thème de la musique française de la saison musicale 2010-2011. Une salle spacieuse, magnifique, des instruments de grande qualité, un orchestre adossé à un conservatoire à rayonnement régional. Bref, des conditions proches de l'idéal.

Nous pouvons être fiers, à juste titre, de la renommé de notre conservatoire et de ses professeurs, de la qualité des concerts qui s'y déroulent. Il y a là des atouts à protéger et à valoriser.

Mais ce que nous savons faire pour la musique classique, pourquoi ne saurions-nous pas le faire pour la musique actuelle ?

Deux lieux de répétition seulement s'ouvrent aux groupes musicaux du Douaisis : la MJC et le Red Studio, à Frais-Marais, avec des tarifs certes subventionnés. C'est un début, mais c'est clairement insuffisant !

La culture de la musique est l'une des forces de notre région. Nos harmonies, nos fanfares, sont des lieux de formation. Les élèves qui sortent du conservatoire ne choisissent pas forcément tous la voie classique.

De nombreux groupes de pop, de rock, de métal, de rap émergent et tentent de répéter ou d'enregistrer là où ils peuvent, dans un garage, dans un local désaffecté...

Proposons leur des lieux de répétition et d'enregistrement suffisants, un soutien public à leur communication, l'organisation régulière de concours permettant d'identifier les plus prometteurs. Et nous verrons émerger, comme en Angleterre, des groupes capables, demain, de remplir Bercy, au moins Gayant Expo, et de faire rayonner le nom et l'image de Douai dans la France entière, et peut-être dans le monde !

Une maison des musiques actuelles est en projet depuis longtemps, mais la crise survenue récemment l'a reléguée au placard des belles idées. La mairie ne veut pas s'en saisir seule. La CAD prétend maintenant qu'elle n'a pas la compétence. Elle peut s'en saisir si la volonté politique est là. Un lieu emblématique n'est pas forcément, d'ailleurs, la seule solution. On peut imaginer un réseau de salles équipées et insonorisées, pour des groupes de tailles et d'expérience différentes. La solution est en tout cas à imaginer avec les intéressés.

L'Angleterre nous le montre chaque jour : la vitalité de la scène moderne est un puissant vecteur d'image et participe de l'attractivité d'un territoire. Pour notre Douaisis à la culture minière et industrielle proche de celle de Birmingham ou Liverpool, n'y a-t-il pas une occasion à saisir ?

Frédéric Chéreau

11 novembre 2010

Une nouvelle place d'Armes ?

Il y a quelques jours, le cabinet d'architectes douaisiens Atrium organisait aux salles d'Anchin un concours interne, sur un mode humoristique, pour fêter ses 20 ans d'existence. Le thème ? Refaire la place d'Armes !

Aucune visée politique dans ce choix. Au demeurant, les propositions étaient volontairement extravagantes, le concours n'ayant pas d'autre visée que le plaisir de rêver et de présenter les talents de ce cabinet.

Pour autant, le simple fait d'y avoir pensé est symptomatique. La place d'Armes est au fond la seule qui n'ait pas été touchée par les restructurations liées à Evéole. Pourtant, on le sait, un projet de tram est toujours, avant tout, un projet urbanistique, un prétexte à une transformation de la ville.

Etonnamment, à Douai, nous nous sommes employés à contourner consciencieusement le coeur de la cité : place d'Armes, rue de Bellain, rue de la Mairie. Nous avons refait une place de Gaulle qui reste malgré tout plus fonctionnelle qu'esthétique. Nous avons refait la place Carnot d'une manière assez agréable, même si manque cruellement un vaste espace dégagé pour poser un chapiteau ou organiser un concert. Mais rien dans le vrai centre.

Voilà un dossier auquel il faudra s'atteler dans les prochaines années, avec l'objectif de faire du coeur de Douai un véritable attracteur touristique et commercial. Ce qu'il est de moins en moins, malgré son potentiel architectural certain.

Frédéric Chéreau

8 novembre 2010

Tribune de Jackie Avenel

Quelle mouche a bien pu piquer la Majorité municipale lors du Conseil du 1er octobre ! Sa belle unanimité a explosé en plein vol à propos d’une petite délibération portant sur une subvention d’équipement pour une association.
Le Conseil avait été décalé d’une demie-heure, les mines étaient graves. L’ambiance pesante.

Question d’éthique et de conscience, chacun au moment de se prononcer se trouve renvoyé à la liberté de vote !

Explication : l’association en question est le Planning familial qui se réinstalle en centre ville. Avec pour objectif de combattre l’ignorance qui frappe une partie de la population concernant les pratiques contraceptives et la vie de couple, « ignorance » qui a pour conséquence 15000 IVG en France chaque année. Cette action prend la forme de campagnes de sensibilisation et de consultations privées et gratuites.

L’Opposition vote des deux mains ! Et se félicite du retour du Planning à Douai.
Quant aux questions de conscience, qui ne les verrait plutôt ces derniers temps dans la politique sécuritaire et la traque des roms engagée depuis l’été par un Gouvernement UMP parti à la chasse aux voix FN, voulant fédérer du Centre aux droites les moins fréquentables sans hésiter à s’attaquer aux errants et aux plus pauvres !

Chacun ses problèmes d’éthique !

28 octobre 2010

Oui au planning familial !

Lors du conseil municipal du 1er octobre, une délibération a été votée malgré douze abstentions. Celles de l'opposition ? Au contraire ! L'opposition a voté des deux mains et sans hésitation !

Douze conseillers de la majorité ont choisi de s'abstenir sur une subvention de 2000€ au planning familial du Douaisis, après un long conciliabule du groupe majoritaire, qui a retardé le début de la séance d'une bonne vingtaine de minutes.

On devine que ce vote se fonde sur l'opposition à l'avortement. Pourtant, le planning familial est l'un des meilleurs outils pour réduire le recours à l'interruption volontaire de grossesse dans notre territoire ! Les professionnel(le)s du Planning ont avant tout un rôle d'information et de pédagogie. Face à des jeunes souvent très mal informés bien que sexuellement actifs, ils présentent les risques, expliquent les méthodes de protection, apprennent la responsabilité. L'IVG étant légale en France, les Planning ont le devoir d'en parler. Pour autant, ils sont souvent les premiers à rappeler à quel point il ne s'agit pas d'un acte anodin.

Si ce vote se fonde sur un refus de la contraception elle-même, c'est plus grave. Qu'on la refuse pour soi-même, voilà qui relève du libre choix individuel et ne doit pas être discuté. Mais qu'on prenne prétexte de ses propres valeurs pour refuser la moindre information à de jeunes adultes qui mèneront de toute façon leur vie sexuelle comme ils l'entendent, c'est plus qu'une erreur, c'est une faute morale.

L'information, la connaissance de soi-même et de l'autre sont les premières conditions d'une vie sexuelle responsable et épanouie, les meilleurs moyens de lutter contre les grossesses non désirées. Le choix de recourir à une contraception ou non, de recourir à l'avortement ou non, voir de pratiquer ou non l'abstinence relève du seul choix personnel. Mais ce choix doit être éclairé pour être fait pleinement en conscience. C'est à cela que sert le Planning familial.

Revenons à l'avortement : oui, il s'agit d'un acte important, pas d'une formalité. Mais nous, élus de gauche, le défendons comme un droit et comme une nécessité. Nécessité pour des jeunes filles qu'une maternité précoce risque de jeter dans la précarité et l'isolement. Nécessité pour des femmes très modestes ou fragilisées qui savent qu'elles ne pourront pas subvenir correctement aux besoins matériels ou psychologiques de l'enfant. Aucune ne fait jamais ce choix de gaité de cœur. Or ce choix, aujourd'hui, est de plus en plus difficile à faire : nombre de centres d'IVG en baisse, pressions psychologiques ou refus de certains médecins. L'avortement était déjà une épreuve personnelle. C'est désormais un parcours du combattant.

Alors, oui, nous défendons l'avortement, nous défendons les centres de planning familial. Et celui de Douai sera particulièrement utile, dans un territoire plus touché que d'autres par les grossesses non désirées !

Les élus d'opposition

29 septembre 2010

Une salle d'accueil de soirée à Gayant ?

Le succès de la salle d'accueil de soirée ouverte au faubourg de Béthune par l'association Deux Mains Ensemble a donné des idées à notre maire. Une salle identique va donc s'ouvrir à la résidence Gayant.

En soi, l'idée n'est pas mauvaise. Pourquoi ne pas, effectivement, en généraliser peu à peu le principe à tous les quartiers de Douai ? Un accueil de soir permet de rassembler les jeunes qui se retrouvent parfois, faute de mieux, sur un banc ou dans un hall d'immeuble. Et puis, comme en témoignent certains habitués de la salle du faubourg de Béthune "quand on va à l'accueil de soir, on pense moins à boire ou à fumer".

Tout le problème est dans la mise en oeuvre. Hâtive, autoritaire, non concertée. La mairie a donc aménagé une extension du centre social, dont elle souhaite confier la gestion à la Maison des Jeunes et de la Culture. Où est la consultation en amont des habitants et des associations sur les besoins spécifiques du quartier ? Pourquoi le centre social n'a-t-il pas été davantage associé ? Pourquoi faire appel à la MJC, dont on reconnaît volontiers les compétences, mais qui n'est là ni dans son coeur de métier, ni à proximité de ses bases ?

Souhaitons que cet accueil de jour puisse trouver son rythme de croisière. Mais une telle implantation porte en germe un fort risque de rejet de la greffe. Un accueil de soir bien pensé, bien géré et bien accepté est un formidable levier d'apaisement et de développement social. Un accueil de soir mal organisé peut devenir une poudrière.

A moins que l'objectif ne soit justement de prouver, par l'échec, qu'il est impossible de faire vivre ce genre de structure de manière pérenne ?

Frédéric Chéreau

28 septembre 2010

Peut-on encore sauver Evéole ?

L'histoire du tram est déjà longue et mouvementée, alors même qu'il ne roule que depuis quelques mois. Parce que la gauche douaisienne a été la première à l'appeler de ses voeux, elle a aujourd'hui la légitimité de prendre la parole sur ce dossier et de dire ce qui va et ce qui va moins. Nous souhaitons qu'Evéole soit un succès. Mais ce n'est pas une raison, au contraire, pour taire ce qui, de toute évidence, doit être améliorée.

Voilà pourquoi, en mai, le groupe d'opposition s'exprimait sur le sujet. Retour en plusieurs épisodes sur cet article qui a fait réagir... Et qui reste largement d'actualité, hélas !


"Evéole roule enfin. Tant mieux ? Voire. Aucun avantage significatif ne vient pour l’instant compenser les nombreux inconvénients d’un pari technologique qui aura coûté beaucoup de temps, d’argent et d’énergie pour un résultat à ce jour très décevant. Et la période de rodage n’explique pas tout. Evéole, ou comment une belle idée menace de tourner au fiasco.

Le guidage magnétique proposé par le néerlandais APTS est une innovation à la fois technique et juridique, un pari doublement risqué pour le SMTD et l’agglomération de Douai. Nous sommes-nous donné les capacités d’ingénierie pour maîtriser un tel projet ?

APTS nous a vendu une technologie prétendument mature. Faux. Le Phileas d’Eindhoven, grand frère d’Evéole, a connu panne sur panne depuis 2003 et n’a pas roulé en exploitation que de manière très temporaire, avec même deux années d’arrêt complet entre 2007 et 2009.

Autant de problèmes que Douai n’aura pas à subir ? Certes. Mais à cause de cela, APTS
n’a pas encore réussi à faire de Philéas une vitrine. Le projet se vend mal : en dehors de Douai, seule Istamboul a sauté le pas. Et s’en mord les doigts. Le véhicule n’est pas adapté à une ville de collines et de très forte affluence.

Aujourd’hui, la pérennité du produit dépend tout entière de son succès à Douai. Si Evéole ne convainc pas les nombreuses délégations qui viennent le découvrir, APTS en poursuivra-t-il la fabrication ? Nous n’aurions alors pas la certitude de pouvoir obtenir à long terme une maintenance constructeur et des pièces de rechange. Or Evéole est déjà plus cher à entretenir qu’un bus classique.

Fier d’être douaisien !

Si dramatique que soit l’accident de la résidence Limousin, il aura au moins révélé l’exceptionnelle solidarité qui unit les Douaisiens. Des sauveteurs qui ont sorti deux blessés des décombres aux anonymes qui se sont précipités pour offrir couverture, vêtements ou nourriture, la chaîne d’entraide s’est mise en place spontanément.

La solidarité et la responsabilité dont ont fait preuve responsables associatifs et habitants montrent combien il existe de bonne volonté et d’intelligence collective dans tous les quartiers de notre ville. A nous, élus, de permettre demain à cette richesse humaine de continuer à s’exprimer.

Cet esprit d’unité est notre force à nous Douaisiens. Nous pouvons en être fiers, nous devons le faire vivre. Notre réaction rue de Lattre, au fond, n’est pas très différente de celle qui nous a rassemblés pour l’IUFM, AFR ou Wagon. Alors, plutôt que l’image d’un immeuble éventré, gardons de cet épisode le souvenir d’une population debout, qui ne se laisse pas abattre par les coups du sort.

Tribune libre de Frédéric Chéreau dans le journal municipal d'octobre