11 novembre 2010

Une nouvelle place d'Armes ?

Il y a quelques jours, le cabinet d'architectes douaisiens Atrium organisait aux salles d'Anchin un concours interne, sur un mode humoristique, pour fêter ses 20 ans d'existence. Le thème ? Refaire la place d'Armes !

Aucune visée politique dans ce choix. Au demeurant, les propositions étaient volontairement extravagantes, le concours n'ayant pas d'autre visée que le plaisir de rêver et de présenter les talents de ce cabinet.

Pour autant, le simple fait d'y avoir pensé est symptomatique. La place d'Armes est au fond la seule qui n'ait pas été touchée par les restructurations liées à Evéole. Pourtant, on le sait, un projet de tram est toujours, avant tout, un projet urbanistique, un prétexte à une transformation de la ville.

Etonnamment, à Douai, nous nous sommes employés à contourner consciencieusement le coeur de la cité : place d'Armes, rue de Bellain, rue de la Mairie. Nous avons refait une place de Gaulle qui reste malgré tout plus fonctionnelle qu'esthétique. Nous avons refait la place Carnot d'une manière assez agréable, même si manque cruellement un vaste espace dégagé pour poser un chapiteau ou organiser un concert. Mais rien dans le vrai centre.

Voilà un dossier auquel il faudra s'atteler dans les prochaines années, avec l'objectif de faire du coeur de Douai un véritable attracteur touristique et commercial. Ce qu'il est de moins en moins, malgré son potentiel architectural certain.

Frédéric Chéreau

8 novembre 2010

Tribune de Jackie Avenel

Quelle mouche a bien pu piquer la Majorité municipale lors du Conseil du 1er octobre ! Sa belle unanimité a explosé en plein vol à propos d’une petite délibération portant sur une subvention d’équipement pour une association.
Le Conseil avait été décalé d’une demie-heure, les mines étaient graves. L’ambiance pesante.

Question d’éthique et de conscience, chacun au moment de se prononcer se trouve renvoyé à la liberté de vote !

Explication : l’association en question est le Planning familial qui se réinstalle en centre ville. Avec pour objectif de combattre l’ignorance qui frappe une partie de la population concernant les pratiques contraceptives et la vie de couple, « ignorance » qui a pour conséquence 15000 IVG en France chaque année. Cette action prend la forme de campagnes de sensibilisation et de consultations privées et gratuites.

L’Opposition vote des deux mains ! Et se félicite du retour du Planning à Douai.
Quant aux questions de conscience, qui ne les verrait plutôt ces derniers temps dans la politique sécuritaire et la traque des roms engagée depuis l’été par un Gouvernement UMP parti à la chasse aux voix FN, voulant fédérer du Centre aux droites les moins fréquentables sans hésiter à s’attaquer aux errants et aux plus pauvres !

Chacun ses problèmes d’éthique !

28 octobre 2010

Oui au planning familial !

Lors du conseil municipal du 1er octobre, une délibération a été votée malgré douze abstentions. Celles de l'opposition ? Au contraire ! L'opposition a voté des deux mains et sans hésitation !

Douze conseillers de la majorité ont choisi de s'abstenir sur une subvention de 2000€ au planning familial du Douaisis, après un long conciliabule du groupe majoritaire, qui a retardé le début de la séance d'une bonne vingtaine de minutes.

On devine que ce vote se fonde sur l'opposition à l'avortement. Pourtant, le planning familial est l'un des meilleurs outils pour réduire le recours à l'interruption volontaire de grossesse dans notre territoire ! Les professionnel(le)s du Planning ont avant tout un rôle d'information et de pédagogie. Face à des jeunes souvent très mal informés bien que sexuellement actifs, ils présentent les risques, expliquent les méthodes de protection, apprennent la responsabilité. L'IVG étant légale en France, les Planning ont le devoir d'en parler. Pour autant, ils sont souvent les premiers à rappeler à quel point il ne s'agit pas d'un acte anodin.

Si ce vote se fonde sur un refus de la contraception elle-même, c'est plus grave. Qu'on la refuse pour soi-même, voilà qui relève du libre choix individuel et ne doit pas être discuté. Mais qu'on prenne prétexte de ses propres valeurs pour refuser la moindre information à de jeunes adultes qui mèneront de toute façon leur vie sexuelle comme ils l'entendent, c'est plus qu'une erreur, c'est une faute morale.

L'information, la connaissance de soi-même et de l'autre sont les premières conditions d'une vie sexuelle responsable et épanouie, les meilleurs moyens de lutter contre les grossesses non désirées. Le choix de recourir à une contraception ou non, de recourir à l'avortement ou non, voir de pratiquer ou non l'abstinence relève du seul choix personnel. Mais ce choix doit être éclairé pour être fait pleinement en conscience. C'est à cela que sert le Planning familial.

Revenons à l'avortement : oui, il s'agit d'un acte important, pas d'une formalité. Mais nous, élus de gauche, le défendons comme un droit et comme une nécessité. Nécessité pour des jeunes filles qu'une maternité précoce risque de jeter dans la précarité et l'isolement. Nécessité pour des femmes très modestes ou fragilisées qui savent qu'elles ne pourront pas subvenir correctement aux besoins matériels ou psychologiques de l'enfant. Aucune ne fait jamais ce choix de gaité de cœur. Or ce choix, aujourd'hui, est de plus en plus difficile à faire : nombre de centres d'IVG en baisse, pressions psychologiques ou refus de certains médecins. L'avortement était déjà une épreuve personnelle. C'est désormais un parcours du combattant.

Alors, oui, nous défendons l'avortement, nous défendons les centres de planning familial. Et celui de Douai sera particulièrement utile, dans un territoire plus touché que d'autres par les grossesses non désirées !

Les élus d'opposition

29 septembre 2010

Une salle d'accueil de soirée à Gayant ?

Le succès de la salle d'accueil de soirée ouverte au faubourg de Béthune par l'association Deux Mains Ensemble a donné des idées à notre maire. Une salle identique va donc s'ouvrir à la résidence Gayant.

En soi, l'idée n'est pas mauvaise. Pourquoi ne pas, effectivement, en généraliser peu à peu le principe à tous les quartiers de Douai ? Un accueil de soir permet de rassembler les jeunes qui se retrouvent parfois, faute de mieux, sur un banc ou dans un hall d'immeuble. Et puis, comme en témoignent certains habitués de la salle du faubourg de Béthune "quand on va à l'accueil de soir, on pense moins à boire ou à fumer".

Tout le problème est dans la mise en oeuvre. Hâtive, autoritaire, non concertée. La mairie a donc aménagé une extension du centre social, dont elle souhaite confier la gestion à la Maison des Jeunes et de la Culture. Où est la consultation en amont des habitants et des associations sur les besoins spécifiques du quartier ? Pourquoi le centre social n'a-t-il pas été davantage associé ? Pourquoi faire appel à la MJC, dont on reconnaît volontiers les compétences, mais qui n'est là ni dans son coeur de métier, ni à proximité de ses bases ?

Souhaitons que cet accueil de jour puisse trouver son rythme de croisière. Mais une telle implantation porte en germe un fort risque de rejet de la greffe. Un accueil de soir bien pensé, bien géré et bien accepté est un formidable levier d'apaisement et de développement social. Un accueil de soir mal organisé peut devenir une poudrière.

A moins que l'objectif ne soit justement de prouver, par l'échec, qu'il est impossible de faire vivre ce genre de structure de manière pérenne ?

Frédéric Chéreau

28 septembre 2010

Peut-on encore sauver Evéole ?

L'histoire du tram est déjà longue et mouvementée, alors même qu'il ne roule que depuis quelques mois. Parce que la gauche douaisienne a été la première à l'appeler de ses voeux, elle a aujourd'hui la légitimité de prendre la parole sur ce dossier et de dire ce qui va et ce qui va moins. Nous souhaitons qu'Evéole soit un succès. Mais ce n'est pas une raison, au contraire, pour taire ce qui, de toute évidence, doit être améliorée.

Voilà pourquoi, en mai, le groupe d'opposition s'exprimait sur le sujet. Retour en plusieurs épisodes sur cet article qui a fait réagir... Et qui reste largement d'actualité, hélas !


"Evéole roule enfin. Tant mieux ? Voire. Aucun avantage significatif ne vient pour l’instant compenser les nombreux inconvénients d’un pari technologique qui aura coûté beaucoup de temps, d’argent et d’énergie pour un résultat à ce jour très décevant. Et la période de rodage n’explique pas tout. Evéole, ou comment une belle idée menace de tourner au fiasco.

Le guidage magnétique proposé par le néerlandais APTS est une innovation à la fois technique et juridique, un pari doublement risqué pour le SMTD et l’agglomération de Douai. Nous sommes-nous donné les capacités d’ingénierie pour maîtriser un tel projet ?

APTS nous a vendu une technologie prétendument mature. Faux. Le Phileas d’Eindhoven, grand frère d’Evéole, a connu panne sur panne depuis 2003 et n’a pas roulé en exploitation que de manière très temporaire, avec même deux années d’arrêt complet entre 2007 et 2009.

Autant de problèmes que Douai n’aura pas à subir ? Certes. Mais à cause de cela, APTS
n’a pas encore réussi à faire de Philéas une vitrine. Le projet se vend mal : en dehors de Douai, seule Istamboul a sauté le pas. Et s’en mord les doigts. Le véhicule n’est pas adapté à une ville de collines et de très forte affluence.

Aujourd’hui, la pérennité du produit dépend tout entière de son succès à Douai. Si Evéole ne convainc pas les nombreuses délégations qui viennent le découvrir, APTS en poursuivra-t-il la fabrication ? Nous n’aurions alors pas la certitude de pouvoir obtenir à long terme une maintenance constructeur et des pièces de rechange. Or Evéole est déjà plus cher à entretenir qu’un bus classique.

Fier d’être douaisien !

Si dramatique que soit l’accident de la résidence Limousin, il aura au moins révélé l’exceptionnelle solidarité qui unit les Douaisiens. Des sauveteurs qui ont sorti deux blessés des décombres aux anonymes qui se sont précipités pour offrir couverture, vêtements ou nourriture, la chaîne d’entraide s’est mise en place spontanément.

La solidarité et la responsabilité dont ont fait preuve responsables associatifs et habitants montrent combien il existe de bonne volonté et d’intelligence collective dans tous les quartiers de notre ville. A nous, élus, de permettre demain à cette richesse humaine de continuer à s’exprimer.

Cet esprit d’unité est notre force à nous Douaisiens. Nous pouvons en être fiers, nous devons le faire vivre. Notre réaction rue de Lattre, au fond, n’est pas très différente de celle qui nous a rassemblés pour l’IUFM, AFR ou Wagon. Alors, plutôt que l’image d’un immeuble éventré, gardons de cet épisode le souvenir d’une population debout, qui ne se laisse pas abattre par les coups du sort.

Tribune libre de Frédéric Chéreau dans le journal municipal d'octobre

19 septembre 2010

Subventions aux associations : un puzzle complexe

Le financement global des associations douaisiennes apparaît finalement assez opaque, découpé qu'il est en de multiples tranches présentées au fil de l'année, de conseil municipal en conseil municipal. Nous avons pris en conseil le cas des Francs Nageurs et Cheminots douaisiens (FNCD), subventionnés de manière importante et à juste titre, au vu de leurs excellents résultats et de la qualité de leur formation dans plusieurs disciplines.

Si légitime que soit ce financement, on aimerait quand même pouvoir le connaître dans son ensemble à un moment donné de l'année, pour le voter en connaissance de cause, plutôt que d'avoir l'impression que l'exécutif municipal cherche à le faire passer en catimini.

A la subvention de base s'ajoute en effet, en début d'année, une subvention liée au niveau du championnat. Ces deux subventions forment ce qu'on pourrait appeler une dotation de départ. Plusieurs subventions exceptionnelles sont ensuite votées en cours d'année, en fonction des déplacements, puis une subvention complémentaire est accordée de manière automatique en fonction des sommes ramenées par le mécenat. Or, voilà qu'en septembre arrive pour le FNCD? comme pour le FC Douai, une dernière subvention , exceptionnelle dans tous les sens du terme, dans la mesure où elle est accordée au vu d'excellents résultats sportifs et ne correspond pas à des déplacements spécifiques.

Fort bien. Mais tout ceci conduit à doubler la dotation de départ votée en début d'année budgétaire ! Il faut exhumer toute une année de dossiers municipaux et se livrer à de fastidieuses additions pour savoir, réellement, combien la municipalité accorde à chaque association en un an. Et le résultat peut être très différent de ce qui est voté en début d'année !

Reste une question : est-il judicieux d'accorder une subvention automatique en fonction des sommes collectées via le mécenat ? C'est au fond se retirer tout contrôle des sommes versées et se mettre à la remorque des financeurs privés.

27 mai 2010

Pétition pour le rétablissement des lignes de bus nord-sud

A l’initiative des conseillers du groupe d’opposition municipale de Douai

A l’attention des élus douaisiens au SMTD

La ligne 1 d’Evéole, si tant est qu’il résolve prochainement tous ses problèmes techniques et qu’il assure une fréquence et une vitesse suffisantes, pourra représenter un progrès dans la desserte du centre-ville de Douai depuis l’est et l’ouest de l’agglomération.

Cette configuration est-ouest de la ligne, en revanche, ne le rend d’aucune utilité pour les habitants du nord ou du sud de l’agglomération. En attendant la mise en service d’une possible ligne 2 d’Evéole, les lignes de bus existantes sur cet axe avant la mise en service du transport en commun en site propre donnaient toute satisfaction et n’auraient pas du être modifiées.

Les lignes 5 et 6 qui desservent Dorignies ont été rabattues sur le terminus Edmond Labbé. La ligne 10, qui desservait la route de Tournai, a été remplacée par un TaxiTub qui n’atteint pas le centre-ville. Conséquences de ces modifications : les temps de trajet depuis ces deux quartiers vers le centre-ville et, plus grave, vers l’hôpital ont été considérablement rallongés.

Nous demandons par conséquent le rétablissement des lignes 5, 6 et 10 telles qu’elles existaient avant la mise en service d’Evéole.

4 mai 2010

Prochaines réunions de quartier

- Mercredi 5 Mai à 19H30 : Château Treuffet à Dorignies

- Vendredi 7 Mai à 19H30 : Mairie annexe de la Solitude à Frais-Marais

- Mardi 11 Mai à 19H30 : Maison des Associations

- Mercredi 19 Mai à 19H30 : Complexe sportif de la résidence Gayant

- Vendredi 21 Mai à 19H30 : Pavillon Roux, faubourg d'Esquerchin

- Mercredi 26 Mai à 19H30 : Mairie annexe du Faubourg de Paris

Genèse d’une Commission Jeunesse à Douai

Par Jackie Avenel (les Verts)

C’est à l’initiative de notre groupe d’opposition qu’a été créée au sein du Conseil municipal une commission Jeunesse à laquelle participe une dizaine de membres.

L’objectif poursuivi est de mieux prendre en compte les besoins de cette catégorie de population, disons les 16/25 ans. N’entend-on pas souvent dire qu’ «à Douai, il n’y a rien pour les jeunes ! ». Reste que cette affirmation qui relève des insuffisances n’ouvre pas de perspectives pour mieux cibler les attentes. Les problèmes sont nombreux : la crise touche plus sévèrement encore les plus jeunes de nos concitoyens à travers le chômage, une certaine forme de démobilisation ou de passivité individualiste. Quant aux moyens de communication, les pratiques culturelles de loisirs, de convivialité, ils ont en quelques années connu une révolution qui rend quelquefois le dialogue intergénérationnel un peu difficile.

Si la question essentielle était « Et à Douai, qu’est-ce qu’on fait ? », il ne fallait pas céder à la tentation d’échanger des formules toutes faites, mais essayer d’accumuler des informations solides qui constitueraient un socle de réflexion commune. Aussi, notre groupe a-t-il proposé que cette Commission soit d’abord une commission d’écoute, réalisant des espèces de petits audits au cours de rencontres avec les nombreux intervenants qui ont dans leur cible ce groupe de population. Elle a déjà reçu, ces deux derniers mois, salle Basse de l’Hôtel de Ville, la Mission locale pour l’emploi des Jeunes, les Centres sociaux et les clubs de prévention en attendant d’accueillir d’autres acteurs du monde de l’enseignement, de la culture et du loisir... et des jeunes.

La participation aux travaux de cette commission se révèle tout à fait passionnante : la rencontre avec des professionnels très engagés est un moment d’enrichissement personnel. La situation de ces jeunes suivis par ces intervenants est souvent difficile sur le plan social (par exemple, l’urgence dans laquelle se retrouvent certains jeunes majeurs dépourvus de tout revenu).

La toile de fond des préoccupations reste l’emploi, souvent précaire ou de mauvaise qualité, l’entrée dans la vie adulte, période déjà compliquée en tant que telle, peut devenir un apprentissage de la désocialisation ou de l’errance. Paradoxalement dans notre société qui en fait une de ses valeurs essentielles, la mobilité est souvent une question complexe pour des jeunes qui n’ont d’horizon que les limites de leur quartier.

Mieux informer ces jeunes sur les dispositifs existants, les renvoyer vers les bonnes structures, accueillir et encadrer des emplois aidés mais aussi veiller à éviter le décrochage scolaire, faciliter l’accès à une information diversifiée sur les débouchés professionnels et les formations qualifiantes afin de garantir une orientation adéquate sont des conditions impératives à la réalisation desquels la Ville peut, à son niveau, contribuer.

Les travaux de la Commission se poursuivent. N’hésitez pas à faire part de vos réflexions sur ce sujet aux Elus du groupe d’opposition qui en sont membres : Annick Louvion, Brigitte Bonnaffé, Odile Hage et Jackie Avenel !